Quand vermifuger son cheval ?

La gestion du parasitisme est un fondamental de la santé équine. Pour tout propriétaire, savoir quand vermifuger son cheval ne se résume pas à cocher machinalement une croix d’un calendrier préétabli. En effet, c’est une démarche de soin réfléchie qui demande de comprendre le cycle de vie des parasites pour agir au moment le plus opportun.

Pourquoi vermifuger son cheval ?

Dans la nature, le cheval est un herbivore nomade qui parcourt de grandes distances. Cette mobilité naturelle limitait autrefois les contacts avec ses propres déjections, brisant ainsi le cycle de réinfestation par les larves.

Aujourd’hui, nos modes de vie sédentaires modifient cet équilibre fragile. La concentration d’équidés sur des surfaces réduites favorise une ingestion massive de parasites, rendant l’utilisation d’un vermifuge périodique souvent indispensable pour réguler cette pression.

Le parasitisme est donc une composante biologique avec laquelle nous devons composer. L’objectif n’est pas d’éradiquer toute forme de vie interne, ce qui est illusoire, mais de maintenir une charge parasitaire acceptable.

Une gestion saine permet de préserver l’intégrité de la muqueuse intestinale et d’assurer une absorption optimale des nutriments. C’est le secret d’une monture qui garde son éclat et son énergie au fil des saisons.

Les parasites internes du cheval

Plusieurs espèces de vers colonisent l’organisme de nos équidés préférés, trouvant souvent refuge au cœur de leur intestin. Chaque parasite possède son propre mode d’action, ce qui rend le choix du vermifuge crucial pour une protection réellement efficace.

Les petits strongles, ou cyathostomes, sont les hôtes les plus fréquents de nos écuries. S’ils paraissent discrets, leur accumulation peut provoquer des troubles digestifs chroniques, impactant le bien-être de nos montures.

À l’inverse, les grands strongles sont plus rares mais bien plus redoutables pour l’animal. Leurs larves migrent hors de l’intestin pour coloniser les artères, créant des risques de lésions vasculaires graves et de coliques thrombo-emboliques.

D’autres envahisseurs comme les gastérophiles ou les ténias perturbent l’équilibre interne de nos partenaires. Les premiers s’accrochent à l’estomac, tandis que le ténia se loge stratégiquement à la jonction entre l’intestin grêle et le caecum.

Les risques d’une infestation parasitaire

Chaque parasite possède sa propre saisonnalité et son mode d’action spécifique, nécessitant une stratégie de défense adaptée et précise.

Une charge parasitaire trop élevée n’est pas anodine pour la physiologie de l’animal. Elle peut entraîner une perte d’état général, un poil piqué, une baisse de performance ou une anémie parfois marquée.

Dans les cas les plus graves, l’infestation provoque des coliques de stase ou des perforations intestinales. Pour approfondir vos connaissances sur le soin au fil des saisons, n’hésitez pas à vous inscrire à notre newsletter pour vous tenir informés de nos conseils pour préparer la santé de votre cheval.

À quelle fréquence vermifuger son cheval ?

Il n’existe pas de calendrier universel car chaque animal a sa propre sensibilité. La fréquence idéale dépend de son environnement, de son nombre de congénères et également de sa réponse immunitaire individuelle face aux agressions parasitaires.

Selon le mode de vie : box, paddock, pré…

Un cheval hébergé exclusivement au box court techniquement moins de risques de réinfestation directe. Cependant, les sorties régulières au paddock partagé réintroduisent le risque larvaire.

À l’inverse, nos compagnons vivant au pré toute l’année sont les plus exposés. La gestion des pâtures, comme le ramassage des crottins ou la rotation des parcelles, influence directement la fréquence nécessaire des traitements.

Selon l’âge du cheval

Les poulains et les jeunes chevaux sont de véritables éponges à parasites, leur système immunitaire étant encore en cours de construction. Ils nécessitent une attention toute particulière, notamment une surveillance scrupuleuse de la présence ou pas d’ascaris qui peuvent freiner leur croissance.

Les adultes seniors, quant à eux, présentent parfois une immunité déclinante. Pour les vieux serviteurs, un protocole spécifique permet d’éviter que le parasitisme ne vienne fragiliser un organisme déjà plus vulnérable aux changements de saison.

Le calendrier de vermifugation par saison

Le cycle des vers est intimement lié aux conditions climatiques. La chaleur et l’humidité favorisent l’éclosion des œufs dans l’herbe, rendant certaines périodes de l’année très stratégiques pour intervenir efficacement sur le cycle biologique.

Printemps et automne : les périodes clés

Le printemps marque le retour à l’herbe et le réveil des larves enkystées. C’est le moment idéal pour limiter la contamination des pâturages avant la période estivale, en ciblant les strongles qui redeviennent très actifs.

L’automne est sans doute le tournant sanitaire de l’année. Après les premières gelées, il est important d’éliminer les gastérophiles et les ténias accumulés durant l’été afin de permettre à votre aranimal d’aborder l’hiver en pleine forme.

Quels parasites traiter à chaque saison ?

En hiver, l’objectif est d’éliminer les larves en hypobiose, car ces parasites qui « dorment » dans la muqueuse intestinale. On utilise alors des molécules à large spectre capables de déloger ces formes larvaires particulièrement résistantes au froid.

Durant l’été, le risque de ténia est présent, mais c’est surtout la gestion des mouches et des œufs de gastérophiles sur les membres qui préoccupe. Un brossage méticuleux complète alors l’action chimique pour une protection optimale.

Vermifugation systématique ou raisonnée ?

La pratique historique consistait à vermifuger quatre fois par an de manière automatique. Cependant, l’apparition de résistances aux molécules nous oblige aujourd’hui à repenser ce modèle pour protéger l’efficacité des traitements futurs.

La vermifugation raisonnée s’appuie sur la coproscopie : une analyse de crottins permettant de compter les œufs. Cette méthode permet de ne traiter que les « forts excréteurs » et de préserver les chevaux naturellement plus résistants.

Il est désormais conseillé de traiter systématiquement en fin d’automne pour le ténia et les gastérophiles, tout en utilisant la coproscopie le reste de l’année pour cibler les besoins réels de chaque animal de l’écurie.

Nos conseils pour une vermifugation efficace

Pour que le traitement soit réellement utile, il est impératif d’évaluer le poids de votre équidé avec précision. 

Par exemple :  

En cas de sous-dosage, la dose de produit n’est pas assez forte pour éliminer les vers les plus vigoureux. Ces survivants vont alors se multiplier, créant une nouvelle génération de parasites « super-résistants » sur lesquels les traitements n’auront plus aucune prise à l’avenir

Voici quelques points de vigilance pour une administration réussie :

  • Nettoyez la bouche du cheval avant l’administration de la pâte
  • Vérifiez que l’animal a bien déglutit l’intégralité du produit
  • Gardez le cheval au box 24 à 48 heures après le traitement si possible
  • Nettoyez les paddocks après le traitement pour éliminer les parasites expulsés

Privilégiez une approche collective. Si vous traitez votre monture mais que ses compagnons de pré restent infestés, le cycle de contamination reprendra dès la première ingestion d’herbe.

Santé du cheval : pourquoi souscrire une assurance équine ?

Malgré toute la vigilance que nous apportons à la vermifugation, nos partenaires équins ne sont jamais totalement à l’abri d’un pépin de santé imprévu. Une colique, même d’origine non parasitaire, peut survenir brutalement.

Vous n’êtes pas sans savoir que les frais vétérinaires, notamment en cas de chirurgie ou d’hospitalisation d’urgence, représentent un investissement financier conséquent. Souscrire une assurance équine permet d’aborder ces moments difficiles avec beaucoup plus de sérénité. 

Nos experts sont là pour vous accompagner dans ces démarches car en protégeant votre budget, vous garantissez à votre cheval l’accès aux meilleurs soins sans compromis. Veiller sur sa monture est le plus beau témoignage de notre engagement envers ce partenaire qui nous donne tant. 

En anticipant chaque risque, vous préservez l’essentiel : la liberté de savourer chaque instant à ses côtés, l’esprit totalement libéré.