Bien-être équin en compétition : Priorité et performance

L’équitation place depuis toujours le cheval au cœur de la performance. Cependant, les mentalités évoluent et aujourd’hui, la question du bien-être équin en compétition est devenue incontournable et indissociable de celle de l’excellence sportive. Prendre soin de sa monture, autant sur le plan physique que mental et comportemental, n’est plus une obligation éthique, c’est la base. On en discute dans cet article.

Comprendre l’importance du bien-être équin

Définition et principes du bien-être équin

Selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire), le bien-être animal désigne « l’état mental et physique positif lié à la satisfaction des besoins physiologiques et comportementaux de l’animal, ainsi que de ses attentes ». Cette définition est reprise dans la Chartre pour le bien-être équin signée par les grandes organisations françaises de la filière, dont la FEE. Et attention, la nuance est fine, mais précise : le bien-être n’est pas simplement l’absence de souffrance, c’est véritablement un état positif.

À l’échelle internationale, le bien-être équin est au centre des discussions. Les cinq libertés fondamentales du Farm Animal Welfare Council (FAWC) publiées initialement en 1979 sont toujours à l’ordre du jour puisqu’intégrées dans les codes de l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH). On récapitule :

  • absence de faim et de soif ;
  • absence de contrainte physique (inconfort) ;
  • absence de douleur et de maladie ;
  • liberté d’exprimer des comportements normaux ;
  • absence de peur et de détresse.

Ces cinq principes ont ensuite servi de base au protocole AWIN (Animal Welfare Incators) et ses 31 indicateurs.

Historique et évolution des préoccupations autour du bien-être

Pendant longtemps, la douleur des animaux, dont celle des équidés, a été niée. Il faudra attendre 1986 (!) et les travaux du zoologiste Donald Broom pour que le bien-être animal fasse son apparition.

La montée en puissance de l’éthologie a progressivement fait évoluer les pratiques et la réglementation de l’équitation. En France, la FFE, France Galop, Le Trot et d’autres partenaires scientifiques se sont alliés pour créer une Charte pour le bien-être équin.

À l’international, saluons la FEI (Fédération équestre internationale) qui a mis sur pied une commission indépendante d’éthique et de bien-être équin dont les recommandations ont servi de base aux réglementations actuelles.

Facteurs influençant le bien-être des chevaux en compétition

Environnement et conditions de vie

Un programme d’entraînement aux petits oignons ne suffit pas. L’environnement et les conditions de vie quotidienne jouent également un rôle prépondérant sur l’état physique et mental du cheval de sport :

  • Des sorties en liberté impératives : les premières données de la thèse « Happy Athlete » (commandée par la FEE en 2022) démontrent que les chevaux qui sortent régulièrement (= au moins 6 fois par semaine) présentent moins de stéréotypies et de marqueurs de stress.
  • Le respect du repos en compétition : le sommeil est essentiel, c’est pourquoi la FEI a instauré une fermeture nocturne obligatoire des écuries d’au moins 6 heures pendant les compétitions internationales.
  • La qualité des installations : boxes, sols, zones de détente… Tout cela est désormais intégré aux critères d’évaluation du bien-être imposés aux organisateurs de concours. Un investissement important, certes, mais primordial… et à protéger avec une bonne assurance structures équestres.

Alimentation et nutrition

Comme nous l’avons vu précédemment, l’accès à une eau propre et une alimentation adaptée à ses besoins font partie des cinq libertés fondamentales de l’équidé. Pour le cheval de sport, cela prend la forme d’une ration équilibrée, parfois complémentée si nécessaire, et une distribution régulière de fourrage sur la journée afin de « calquer » le broutage naturel. Réduire ce temps de pâturage génère un stress chronique.

Entraînement et récupération

La FFE insiste sur la nécessité de mettre sur pied un entraînement progressif et adapté à la fois à la saison de concours, mais aussi au bien-être du cheval. De nombreux objets connectés ont été développés et permettent de suivre la fréquence cardiaque ainsi que de multiples autres données physiologiques de l’animal afin d’ajuster les programmes, optimiser la récupération et éviter surentraînement, blessures et stress. Et pour plus de sérénité du côté cavalier, n’oubliez pas l’assurance cheval qui prendra en charge les éventuels frais vétérinaires !

Le bien-être équin comme levier de performance

La FFE l’affirme explicitement dans sa Charte : il est aujourd’hui prouvé qu’un lien direct existe entre le bien-être des équidés, leurs performances et la sécurité des personnes. Un cheval de sport dont les besoins fondamentaux sont satisfaits est plus disponible mentalement, plus coopératif et moins exposé aux blessures.

En compétition de dressage, les juges accordent même une attention toute particulière au comportement du cheval sur le terrain. Un pas de plus vers une relation plus harmonieuse et éthique entre cavalier et monture !

La perception du public et des cavaliers

Évolution des attentes des cavaliers

Le bien-être équin en compétition (mais aussi en dehors !) est porté par une nouvelle génération de cavaliers pour qui la relation avec le cheval est devenue le fondement même de l’équitation. L’association Jump Ethique, créée en 2021, le prouve bien, à l’instar de la FEE et de son label « bien-être animal » qui valorise les poneys-clubs et centres équestres engagés en ce sens.

L’image du sport équestre auprès du grand public

Le regard de la société tout entière sur l’équitation a profondément évolué ces dernières années. Les JO et les JO Paralympiques de Paris 2024 ont servi de test grandeur nature : les mesures de bien-être mises en œuvre ont été saluées à la fois par la FEI et par le grand public.

Si le respect du cheval est désormais approuvé par le commun des mortels, il n’en reste pas moins que les sports équestres sont encore perçus comme élitistes et peu accessibles. Un nouveau point à travailler ?

Vers un avenir durable pour le bien-être équin

Tendances futures et innovations technologiques

Des capteurs d’activité physique, des sangles connectées… Le marché des objets connectés pour chevaux a littéralement explosé ces dernières années. Ils mesurent et analysent en temps réel la fréquence cardiaque, la symétrie, l’amplitude des foulées de l’animal, et permettent d’ajuster les prochaines séances d’entraînement selon ses progrès et besoins. Mieux, ils détectent précocement la fatigue de notre athlète équin et évitent ainsi surmenage et blessures !

Rôle des institutions et des organisations équestres

En 2024, la FEI a adopté un plan d’action autour de 6 piliers (entraînement, équitation, sellerie, transport, santé et qualité des infrastructures) avec une injonction claire : tolérance zéro contre les mauvais traitements !

En France, la Confédération internationale du sport hippique avait déjà signé une Déclaration commune pour le bien-être animal en 2019.

Enfin, à l’échelle individuelle, les organisations équestres rappellent également que tout cavalier se doit de pratiquer dans un cadre légal sécurisé, notamment en souscrivant une assurance responsabilité civile adaptée à sa discipline.

 

Sources :

Etude Happy Athlete

Charte bien-être équin