Découvrez l’Équithérapie : Bienfaits et Approches Innovantes
Reconnue par de plus en plus de professionnels de santé, l’équithérapie se sert du contact avec le cheval pour améliorer le bien-être corporel, émotionnel et relationnel d’une personne. Autisme, Alzheimer, maladies chroniques, handicap moteur, anxiété généralisée… Ses champs d’application sont larges et ses effets, de mieux en mieux documentés par des études. Dans cet article, nous partons à la découverte de cette approche, véritable thérapie équestre, et vous dévoilons son fonctionnement, ses bienfaits pour la santé mentale et physique, mais également les formations indispensables à tout équithérapeute et le prix des séances.
Qu’est-ce que l’équithérapie ?
Définition et terminologie
L’équithérapie se compose de equus (pour « cheval » en latin) et de therapeia (pour « soin » en grec) : le cheval est donc un moyen de soigner une personne. Il s’agit d’une thérapie qui s’inscrit en complément des protocoles et des traitements médicaux « traditionnels », il ne les remplace en aucun cas.
Bon à savoir : il est important de noter qu’il n’y a pas de thérapie sans équithérapeute… Ce n’est pas parce qu’une personne en difficulté est au contact d’un cheval qu’elle fait de l’équithérapie.
Sur le web, vous pouvez également trouver des termes comme hippothérapie, thérapie avec le cheval, thérapie équestre, psychothérapie avec le cheval ou encore rééducation par l’équitation. Le champ d’action de chacun reste flou et peu consensuel. Nous les utiliserons donc indifféremment dans cet article.
Histoire et évolution de l’équithérapie
Depuis l’Antiquité, les hommes ont utilisé le cheval pour aller bien ou pour aller mieux. En Grèce, la mise en selle servait à fortifier les membres et soutenir l’éducation des enfants. Plus proche de nous, l’histoire de Lis Hartel, cavalière danoise médaillée d’argent aux JO de 1952, a eu un véritable retentissement : elle est parvenue à surmonter sa poliomyélite grâce à son cheval. Mais c’est en France en 1973 que la publication de « La Rééducation par l’équitation » de Renée de Lubersac et Hubert Lallery a marqué le début de l’équithérapie telle qu’on la connait aujourd’hui.
Les principes fondamentaux de l’équithérapie
La médiation par le cheval
Le cheval est au centre de l’équithérapie. Du fait de sa sensibilité exacerbée, il réagit aux émotions, aux tensions et à la posture corporelle de l’humain. Beaucoup de cavaliers et amoureux des équidés le qualifient d’éponge émotionnelle… à raison !
Cette incroyable capacité en fait donc un médiateur efficace. Il favorise une communication non verbale pleine d’authenticité et permet d’établir une relation profonde sans jugement avec l’adulte ou l’enfant. Et c’est cette relation avec le cheval qui devient alors le support du travail thérapeutique.
Les dimensions psychiques et corporelles
En équithérapie, il est possible de travailler sur plusieurs dimensions :
- psychique (confiance et estime de soi, gestion des émotions et du stress, apaisement de l’anxiété, etc.) ;
- relationnelle (communication, lien à l’autre, etc.) ;
- corporelle (rééducation, coordination, tonus musculaire, équilibre, proprioception, etc.).
Bon à savoir : en hippothérapie, les exercices peuvent aussi bien s’exécuter à pied qu’en selle. Cela ne demande pas de connaissance particulière, inutile d’avoir déjà pris des cours d’équitation avant.
Applications et bénéfices de l’équithérapie
Pour quels troubles et conditions ?
L’équithérapie soulage de nombreuses pathologies :
- handicaps cognitifs, physiques et sensoriels (déficience intellectuelle, TSA, TDAH, myopathie, amputations, paraplégie, malvoyance, surdité, etc.) ;
- troubles du langage et du comportement (dyslexie, bégaiement, TOP, agressivité, impulsivité, etc.) ;
- maladies neurodégénératives (Alzheimer et Parkinson notamment) ;
- maladies psychiques (dépression, Trouble anxieux généralisé — TAG, troubles bipolaires — en phase stabilisée, borderline, etc.)
- traumatismes (stress post-traumatique, deuil, rupture, etc.).
L’hippothérapie ne remplace en aucun cas un suivi médical ou psychologique.
Autisme
L’équithérapie est particulièrement utilisée dans l’accompagnement des personnes présentant des troubles du spectre autistique, plus communément appelé TSA. Le cheval, par son contact facile et social, est le maître idéal pour apporter calme, régulation sensorielle et communication non verbale apaisée.
La communauté scientifique s’accorde pour dire que la thérapie équestre est une des zoothérapies les plus efficaces et accessibles pour ce type de public. Une étude (que vous pourrez retrouver en source, à la fin de cet article) a démontré des améliorations significatives sur l’irritabilité, les stéréotypies (= gestes répétitifs et rythmés sans but apparent comme le balancement du corps ou l’agitation des mains), le langage et la planification motrice (= capacité à organiser mentalement et à préparer une séquence de mouvements avant leur exécution).
Maladies chroniques
Dans le cadre de maladies chroniques (pathologies neurologiques, maladies musculo-squelettiques, troubles psychiques chroniques, douleurs persistantes, etc.), l’équithérapie peut contribuer à améliorer la qualité de vie de la personne en réduisant le stress et la fatigue mentale. Le fait de pouvoir maintenir une activité physique adaptée est également plébiscité. Cette parenthèse avec le cheval permet enfin d’apporter plaisir et motivation dans des parcours de soins souvent lourds.
Les bienfaits psychologiques et physiques
Des études démontrent des effets biologiques mesurables suite à des séances de thérapie par le cheval :
- diminution du taux de cortisol (dite hormone du stress) avec une baisse jusqu’à 20 % après un mois de séances d’équithérapie hebdomadaires dans certaines recherches ;
- légère augmentation de la sérotonine (dite hormone du bonheur) ;
- réduction générale des marqueurs de stress cardiovasculaire.
Le rôle de l’équithérapeute
Compétences et formation requises
L’équithérapeute n’est pas un moniteur d’équitation ! C’est un professionnel formé à la fois à l’accompagnement thérapeutique ET à la connaissance du cheval et de son comportement. C’est pour cette raison que l’écrasante majorité des équithérapeutes sont des professionnels médico-sociaux (psychologues, psychomotriciens, éducateurs spécialisés, infirmiers, médecins, etc.), eux-mêmes cavaliers, et surtout qui ont suivi un cursus dédié à l’équithérapie.
En France, la thérapie par le cheval n’est pas réglementée. En d’autres termes, n’importe qui peut se dire équithérapeute, car les diplômes délivrés ne sont pas reconnus par l’État. Cependant, deux organismes font référence en proposant des formations complètes dispensées sur 1 à 3 ans : la Société Française d’Équithérapie (SFE) et l’Institut de Formation en Équithérapie (IFEq). Nous vous recommandons donc très chaudement de vous assurer que le professionnel contacté ait suivi un tel parcours.
Différences entre équithérapie et autres pratiques équestres
Comme son nom l’indique, l’équithérapie a un objectif thérapeutique et doit être encadrée par un professionnel formé. Il n’y a pas d’objectif de performance. Toute l’attention est centrée sur le « patient » et son évolution.
Il est donc important de distinguer la thérapie équestre d’autres activités comme :
- L’équitation : il s’agit d’une activité sportive ou de loisir, avec ou sans objectif de performance, mais sans aucune notion de soin.
- L’équicoaching : il s’agit d’un outil de développement personnel ou professionnel. Encore une fois, la notion de soin y est absente.
Enfin, l’équithérapeute intervient sur indication médiale et met en place un projet thérapeutique en accord avec le professionnel de santé initiateur.
Comment accéder à l’équithérapie ?
Pour trouver un thérapeute qualifié et sérieux, nous vous conseillons de passer par les annuaires de la Société Française d’Équithérapie, de la Fédération Nationale des Thérapies Avec le Cheval ou du Syndicat Interprofessionnel des Praticiens de la Médiation Equine et toujours vérifier la formation reçue par le professionnel. Bien évidemment, le plus sûr est de demander conseil au praticien de santé qui vous suit ou qui s’occupe de votre enfant.
Une séance d’équithérapie dure entre 30 minutes et 1 heure. Concrètement, la séance commence par un temps d’accueil et la rencontre avec le cheval, puis suivie par les exercices au sol (pansage, marche en main, etc.) et selon les cas, par des exercices montés.
Enfin côté prix, comptez environ 55 €. La rééducation par le cheval n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale, mais certaines mutuelles peuvent proposer des forfaits, aussi n’hésitez pas à contacter la vôtre. Certaines MDPH peuvent également vous octroyer un soutien financier.
Source :
Gabriels et al. (2012) — Pilot study measuring the effects of therapeutic horseback riding on school-age children and adolescents with autism spectrum disorders. Research in Autism Spectrum Disorders, 6(2), 578–588. Citée dans la méta-étude Effects of Equine Therapy on Individuals with Autism Spectrum Disorder : A Systematic Review
