Votre animal ouvre grand la bouche, tend l’encolure et aspire longuement : il bâille. Bien plus qu’un simple signe de fatigue, ce comportement chez les équidés peut avoir plusieurs causes et même indiquer un problème de santé ! Un cheval qui bâille beaucoup, ce n’est pas forcément à prendre à la légère. Décryptage dans cet article.
Les principales causes du bâillement chez le cheval
Détente et relaxation
C’est sans conteste la cause la plus bénigne du bâillement chez le cheval : il bâille, car il se sent en sécurité et à l’aise. Vous le remarquez peut-être après un pansage, lors d’une séance de massage ou pendant la visite de l’ostéopathe équin, ou tout simplement quand il est prêt à s’endormir debout, la patte arrière au repos. Dans ces situations, vous pouvez repérer d’autres signaux de détente : ses oreilles décontractées, ses yeux mi-clos et sa posture globale relâchée. Un cheval qui bâille dans ce contexte, c’est qu’il est bien dans ses sabots !
Régulation du stress et de l’anxiété
Contrairement aux humains, les chevaux utilisent le bâillement comme une soupape de décompression pour faire redescendre leur niveau de stress et d’anxiété. Ainsi, il n’est pas rare d’observer votre compagnon à quatre pattes bâiller pendant ou juste après une séance intense, lors de son arrivée dans un lieu nouveau pour une compétition ou face à la présence inhabituelle de public, ou tout simplement après un moment de frustration ou d’inconfort (les proprios qui s’occupent du débourrage le savent bien !). Toutefois, si cela devient très fréquent, la vigilance est de mise : le lien entre stress et ulcère chez le cheval a été prouvé (même s’il ne faut pas sauter à la conclusion que si votre animal bâille beaucoup, c’est qu’il souffre forcément d’ulcère).
Problèmes de santé potentiels
De fréquents bâillements, sans lien apparent avec l’effort ou du stress, peuvent être le signe sous-jacent d’une pathologie. L’une des causes les plus courantes : les ulcères gastriques dont nous vous parlions précédemment. Les coliques en cours peuvent aussi se manifester par des bâillements, en plus des symptômes plus « habituels » (= plus de crottin, grattage du sol, animal qui se regarde le ventre, sudation importante, etc.). Enfin, certaines maladies comme l’asthme équin provoquent des difficultés respiratoires. Le cheval va alors bâiller et tirer la langue pour essayer de retrouver son souffle.
Dans tous les cas, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire pour prendre un avis (très) rapidement sur son état de santé.
Communication et interaction sociale
Comme chez les humains, le baillement est contagieux chez les équidés. Ainsi, un individu peut bâiller en réponse au bâillement d’un de ses copains de pré afin de renforcer leurs liens au sein du troupeau. C’est un comportement du cheval totalement anodin qui ne doit pas vous inquiéter.
Comment interpréter le bâillement de votre cheval ?
Signes de bien-être
Pour savoir si votre cheval bâille parce qu’il est heureux, observez-le dans sa globalité et dans son environnement. Ce type de bâillement apparaît toujours dans un contexte calme et positif. En outre, votre animal vous donnera d’autres indices de son bien-être : il sera détendu, les membres relâchés, les oreilles décontractées et la lèvre inférieure pendante. Et bien sûr, après s’être décroché la mâchoire (au sens figuré), il reprendra tranquillement ses activités.
Indicateurs de mal-être ou de stress
À l’inverse, plusieurs signaux doivent vous alerter : si votre cheval bâille beaucoup, tire la langue en même temps, sur une courte période et montre des comportements inhabituels (agitation, refus de manger, grattage du sol, tête haute, yeux aux aguets, oreilles dressées, membres tendus, etc.), c’est que quelque chose ne va pas.
Par ailleurs, essayez de repérer si les bâillements interviennent systématiquement dans un contexte précis. Par exemple : après la ration, lors d’une séance de travail spécifique, pendant une compétition… Cela vous donnera des pistes pour réagir.
Que faire si votre cheval baille fréquemment ?
Quand consulter un vétérinaire ?
Décrochez impérativement votre téléphone si les bâillements de votre animal sont associés à l’un des symptômes suivants :
- distension abdominale ;
- absence de crottins depuis plusieurs heures ;
- sudation importante et anormale au repos ;
- refus de s’alimenter ;
- signes de douleur.
En d’autres termes, tout ce qui vous fait penser à une colique (qui est une urgence vitale, rappelons-le) !
Si votre équidé ne présente aucun signe clinique de ce type, mais que les bâillements sont fréquents et inexpliqués, une consultation vétérinaire reste recommandée afin d’écarter une pathologie digestive ou respiratoire. Dans tous les cas, mieux vaut avoir une bonne assurance santé cheval pour de ne pas avoir trop de reste à charge !
Conseils pour réduire le stress chez votre cheval
Si le bâillement est lié au stress ou à l’anxiété, voici quelques conseils pour améliorer le bien-être de votre cheval :
- Augmentez les sorties au paddock ou au pré pour un maximum de contact avec d’autres chevaux : n’oublions pas que les équidés sont des animaux grégaires !
- Adaptez les séances de travail : on varie les exercices, on respecte la progression de son partenaire et on zappe les entraînements barbants et répétitifs (stop au travail en longe d’une heure !).
- Proposez un environnement de qualité : cela passe aussi bien par les infrastructures et les box (propres et sécurisées) que par le foin à disposition en continu (afin de respecter le comportement et le mode d’alimentation naturel de l’animal).
